Il y a des endroits dans le monde où rêver est un luxe. Et puis il y a l’Afrique.
Chez nous, rêver est parfois un acte de folie.
Dans nos rues déformées, dans nos écoles surpeuplées, dans nos foyers marqués par le manque — rêver, c’est marcher à contre-courant.
Ce n’est pas qu’on ne sait pas rêver. Non.
C’est qu’on nous a appris que les rêves sont faits pour les autres.
Pour ceux qui ont des passeports puissants, des oncles bien placés, des monnaies qui ne tremblent pas (quand il faut payer la facture Resto, Electricité, Transport, Etudes, etc.).

 

En République Démocratique du Congo, comme dans tant d’autres pays d’Afrique, les enfants apprennent tôt à redescendre sur terre.
On les regarde avec un sourire triste quand ils disent vouloir devenir inventeurs, artistes, astronautes ou présidents.
On leur dit : “Sois réaliste. (ndeko)”
Mais réaliste selon qui ? Selon quoi ?
Le réalisme d’un pays qui doute de sa jeunesse ne peut pas être notre plafond.

 

Nous ne voulons plus attendre d’être validés pour rêver.
Nous ne voulons plus quémander de croire.
Nous ne voulons plus nous excuser d’oser.

 

Ceux qui changent l’histoire commencent souvent par croire en des choses que personne ne voit.
Et dans notre Afrique si pleine de contradictions, de douleurs et de lumière, celui qui ose rêver construit une route que d'autres finiront par suivre.
Car les rêves sincères ont un pouvoir : ils contaminent, ils inspirent, ils persistent.

 

Oser rêver dans un pays qui doute de toi

 

Ce texte, je l’écris d’abord pour moi.
Mais je l’écris aussi pour tous les jeunes congolais, sénégalais, tchadiens, burkinabè, malgaches, béninois, camerounais, rwandais...
Pour ceux qui créent, dessinent, programment, chantent, étudient, et même ceux qui doutent encore.


Je l’écris pour dire :
Tu n’es pas fou de croire en tes rêves.
Même si ton pays t’a appris à ne pas y croire.
Même si tu n’as pas les moyens, les papiers, le réseau, le soutien.
Ce que tu as déjà — ton rêve — est une graine. Et crois-moi : les graines les plus résistantes poussent souvent dans les terres les plus sèches -comme a toujours l'habitude de le dire mon Ami et Grand Frère @Depaul_Bakulu dit The Sniper : ''Je suis une graine (de vie), partout où vous me jettez, j'y pousserai.

 

Alors rêve.
Rêve avec rage.
Rêve avec foi.
Rêve avec stratégie.
Et surtout, rêve en restant ici ou en partant là-bas, mais toujours en portant ton peuple au fond de toi.

 

Dans un pays qui doute de toi, rêver n’est pas naïf — c’est révolutionnaire.


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